En tant que psychologue formée à la prise en charge des psychotraumatismes, j’ai rapidement été confrontée à la question des violences sexuelles et conjugales. Mes études en psychologie ne m’ont pas préparé à leur ampleur et ce sont les apports d’autres disciplines des sciences humaines et sociales, ainsi que des écrits militants et engagées qui ont nourri ma pratique, en m’aidant par exemple à mieux comprendre la culture du viol, ainsi que le silence, la honte et la culpabilité qui entourent certaines violences.
Quand elles ne sont pas simplement invisibilisées, ces violences peuvent être minimisées, accompagnées d’une inversion de la culpabilité, ou analysées uniquement sous un prisme individuel. Une approche féministe de la psychothérapie permet de mieux identifier, reconnaitre ces violences, poser des mots et de comprendre leurs mécanismes, ce qui est complémentaire au travail sur les psychotraumatismes.
Je parle d'approche féministe de la psychothérapie car j'ai particulièrement travaillé autour des impacts du sexisme et de l'adultisme. Pour autant, j'ai une attention aux autres rapports de domination qui traversent notre société et impactent la santé mentale des individus (notamment le racisme, l'homophobies, la transphobies ou le classisme).